Micro-entreprise ou entreprise au régime réel : quelles différences et quel choix pour une TPE ?
- ludovicvelocci

- 15 déc. 2025
- 3 min de lecture
Le choix du régime fiscal et comptable constitue une décision structurante pour toute entreprise.
Entre la micro-entreprise, aux obligations simplifiées, et l’entreprise soumise à un régime réel, plus exigeante mais plus précise, les impacts sont nombreux : fiscalité, cotisations sociales, obligations comptables et capacité de pilotage.
Cet article propose une analyse pédagogique et factuelle des différences entre micro-entreprise et régime réel, en s’appuyant sur les seuils en vigueur et en mettant en lumière le rôle essentiel de l’expert-comptable auprès des TPE.
La micro-entreprise : un régime aux obligations simplifiées
La micro-entreprise est un régime destiné aux activités de petite taille.
Elle repose sur un principe de simplification maximale des obligations fiscales, sociales et comptables.
Seuils de chiffre d’affaires applicables à la micro-entreprise
Les seuils de chiffre d’affaires à ne pas dépasser sont les suivants :
Activités de vente, restauration et hébergement : 188 700 € (seuil majoré à 208 700 €)
Prestations de services commerciales, artisanales ou libérales : 77 700 € (seuil majoré à 87 700 €)
Le dépassement de ces seuils pendant deux années consécutives entraîne automatiquement la sortie du régime micro et le passage au régime réel.
Calcul des cotisations sociales et de l’impôt
En micro-entreprise, les cotisations sociales sont calculées directement sur le chiffre d’affaires encaissé :
12,3 % pour les activités de vente
21,2 % pour les prestations de services relevant des BIC
24,6 % pour les activités libérales relevant des BNC
Les charges professionnelles réelles ne sont pas déductibles.
Pour l’impôt sur le revenu, l’administration applique un abattement forfaitaire :
71 % pour les activités de vente
50 % pour les prestations de services
34 % pour les activités libérales
Obligations comptables en micro-entreprise
Les obligations comptables sont volontairement limitées :
Tenue d’un livre des recettes
Conservation des factures
Déclaration mensuelle ou trimestrielle du chiffre d’affaires
Aucun bilan ni compte de résultat ne sont exigés.
L’entreprise au régime réel : une gestion plus précise et plus structurée
Le régime réel s’applique soit par obligation (dépassement des seuils), soit par choix stratégique de l’entreprise.
Entreprises concernées par le régime réel
Le régime réel concerne notamment :
Les entreprises individuelles au réel
Les EURL et SARL
Les SASU et SAS
Principe du régime réel
Le résultat imposable est calculé à partir du bénéfice réel :
Produits – Charges déductibles
Toutes les charges professionnelles justifiées peuvent être déduites : loyers, assurances, frais de déplacement, logiciels, sous-traitance, amortissements, etc...
Obligations comptables et fiscales au régime réel
Le régime réel implique :
Une comptabilité complète
L’établissement d’un bilan et d’un compte de résultat
La déclaration et la récupération de la TVA
Le dépôt d’une liasse fiscale annuelle
Micro-entreprise ou régime réel : comparaison concrète
Une entreprise de services réalisant 90 000 € de chiffre d’affaires avec 45 000 € de charges :
En micro-entreprise, l’imposition est calculée sur le chiffre d’affaires après abattement forfaitaire.
Au régime réel, l’imposition repose sur un bénéfice réel de 45 000 €.
Le régime réel permet une optimisation fiscale et sociale dès lors que les charges deviennent significatives.
Le rôle stratégique de l’expert-comptable pour les TPE
L’expert-comptable accompagne les dirigeants de TPE bien au-delà des obligations légales :
Analyse de la rentabilité
Simulation des régimes fiscaux et sociaux
Anticipation des seuils
Mise en place d’indicateurs de pilotage
Sécurisation des décisions de gestion
Il devient un partenaire stratégique dans la structuration et la pérennité de l’entreprise.
CONCLUSION : Micro-entreprise ou entreprise au régime réel
La micro-entreprise constitue un excellent régime pour démarrer une activité avec des obligations allégées.
Le régime réel s’impose progressivement lorsque l’activité se développe, que les charges augmentent et que le pilotage devient indispensable.
Le choix du régime fiscal et comptable doit être réalisé sur la base d’une analyse objective de l’activité, idéalement avec l’accompagnement d’un expert-comptable, afin de sécuriser la croissance et la performance de la TPE
Je vous propose un entretien gratuit de 30 minutes pour faire le point sur votre situation, identifier vos priorités et définir vos premières actions concrètes.
Sources officielles
Service-Public (Entreprendre) – Obligations comptables du micro-entrepreneur – https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23266
Service-Public (Entreprendre) – Seuils de chiffre d’affaires de la micro-entreprise – https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F32353
Ministère de l’Économie – Imposition des entreprises : régime réel simplifié (obligations) https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-sa-fiscalite-et-ses-impots/limpot-sur-les-benefices-ir-et/imposition-des
Différences entre régime réel simplifié et régime réel normal – https://www.impots.gouv.fr/professionnel/questions/quelles-differences-y-t-il-entre-le-regime-simplifie-dimposition-et-le-reel
Service-Public (Entreprendre) – Obligations comptables du commerçant / comptes annuels – https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F21852
Ordre des experts-comptables – Référentiel normatif (cadre professionnel) – https://www.paysdelaloire.experts-comptables.fr/wp-content/uploads/2023/03/referentiel-normatif-professionnels-expertise-comptable-2022.pdf



